L'Escleriade : Maison d'Hôtes de charme en Provence

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L'Isle sur la Sorgue (45 Km)

L’Isle sur la Sorgue mérite le détour. L’idéal est de s’y rendre un dimanche, jour de marché, et si possible d’arriver au plus tôt afin de trouver à vous garer. Il vous faudra donc partir de bonne heure de l’Esclériade.

Au retour, vous pouvez éviter Carpentras et choisir un chemin des écoliers qui vous fera passer par Bédoin, Crillon le Brave, Mormoiron, Méthamis, Vénasque et Saint Didier . Chaque étape de ce petit périple justifie un arrêt.

A l’origine, l’Isle sur la Sorgue était une ile située au milieu de marécages alimentés par les eaux de la Sorgue. D’où son nom (on devrait d’ailleurs dire les Sorgues, tant la rivière se divise en multiples bras). C’était une cité de pêcheurs qui exploitaient les eaux riches en poissons de toutes sortes et en écrevisses. Peu à peu les marais furent drainés et l’eau canalisée dans de multiples canaux qui parcourent encore la cité (d’où son surnom, peut-être surfait, de « Venise comtadine »). Il reste aujourd’hui deux Sorgues principales, qui se séparent en amont de la ville au lieu dit « partage des eaux » et forment un plan d’eau calme et reposant environné de verdure et de grands platanes.

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A partir du Moyen-âge, l’agriculture remplace la pêche et la cité s’organise autour de remparts édifiés par les papes. La Sorgue, canalisée, alimente des roues à aubes qui, durant des siècles, fourniront une énergie abondante pour de multiples usages : transformation de produits naturels, moulins à soie, à poudre de garance, carderies et filatures de laine, tanneries, scieries, moulins à broyer le gypse pour les plâtreries (Lafarge, leader mondial des matériaux de construction est né à l’Isle), papeteries, etc… Il y a eu jusqu’à 62 roues durant le 19ème siècle, dont 47 en centre ville. Il en reste aujourd’hui 14, dont certaines fonctionnent encore et confèrent à la ville cette touche si particulière. Bien à l’abri de ses murs, épargnée par les guerres de religion mais pas par les épidémies de peste et de choléra, l’Isle, principale ville du Comtat Venaissin, est une cité prospère comme en témoigne son patrimoine architectural. L’église Notre-Dame-des-Anges construite au XIIème siècle mais reconstruite au XVII à la suite de l’effondrement de sa nef, constitue un témoignage remarquable de l’art baroque par le foisonnement de sa décoration intérieure que l’austérité de sa façade ne permet pas de deviner. Les architectes Brun père et fils, natifs de l’Isle, ont construit le grenier à blé (qui accueille l’Office de Tourisme), l’hôpital dont le jardin est orné d’une splendide fontaine et dont la pharmacie, dans son décor d'origine (XVIII°), possède une collection rare de pots en faïence de Moustiers ainsi que nombre d’hôtels particuliers. Parmi ceux-ci, l’hôtel Donadéï de Campredon édifié en 1746, le long de l’actuel quai Frédéric-Mistral, pour Charles-Joseph de Campredon, membre d’une vieille famille de propriétaires terriens. Aujourd’hui propriété de la ville, en partie classé monument historique, il accueille trois fois par an des évènements d'envergure, consacrés aux plus grands noms de l'histoire de l'art, notamment photographique, et abrite dans son troisième étage le musée René-Char.

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Avec l’arrivée de la vapeur, l’activité industrielle a peu à peu périclité et la belle Isle s’est assoupie. Seule aujourd’hui, la huitième génération de la famille Brun de Vian Tiran, de renommée internationale, perpétue le métier de lainier dans la tradition familiale. Dans l’immédiat après guerre elle se réveille avec le développement du marché de la brocante qui lui forge une nouvelle identité et lui assure une nouvelle prospérité ainsi qu’une notoriété internationale. A l’origine le phénomène était un peu anarchique mais, au fil du temps, des commerces d’antiquités, de décoration, des galeries d’art et de peinture se sont installés et le commerce s’est organisé, notamment autour de ses villages d’antiquaires. Ils sont aujourd’hui plus de 350 dans ce qui est devenu le paradis des chineurs et constitue, avec le tourisme son corolaire, une activité économique majeure pour la ville dont la population a triplé en 40 ans.

C’est ainsi que l’Isle-sur-la-Sorgue est devenue, après Saint-Ouen et Londres, la troisième plate-forme européenne du commerce des antiquités. Deux fois par an, à Pâques et au 15 Août, lors de leur biennale, plus de 500 antiquaires et brocanteurs s’y donnent rendez-vous pour accueillir des amateurs du monde entier.

L'Isle sur la Sorgue est aujourd’hui une ville à deux visages. En semaine et en dehors des périodes estivales, la douceur et le calme du lieu, que seul perturbe le cliquetis des roues à aube, incitent à la flânerie et à la contemplation. Il y fait bon s’attarder à la terrasse d’un café en se laissant bercer par le murmure de la Sorgue et les évolutions de quelques cygnes. En été, et particulièrement le dimanche, où se tient le marché le plus animé et le plus coloré de la région, la foule envahit ses moindres rues dans une trépidation à donner le vertige et investit les stands de brocante -où le pire et la copie côtoient parfois le meilleur et l’authentique - qui attirent des connaisseurs et des badauds venus des 4 coins du monde. C’est la rançon d’un succès qui ne se dément pas.

Enfin, l’Isle-sur-la-Sorgue est la ville de naissance du poète René Char, qui y passa toute son enfance et où il reviendra vivre. René Char, qui tirait son inspiration de sa Provence nourricière et des environ de l’Isle et qui a été reconnu de son vivant comme l’un des plus grands poètes de son temps, méritait qu’un lieu de souvenir lui soit consacré : c’est chose faite depuis 2003 avec l’ouverture de l’espace René-Char dans l’hôtel Donadeï de Campredon.

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