L'Escleriade : Maison d'Hôtes de charme en Provence

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Fontaine de Vaucluse (50 KM)

Au départ de l’Esclériade, à l’occasion d’un périple qui vous conduira également à L’Isle sur la Sorgue, allez mettre vos pas dans ceux de Laure et de Pétrarque à Fontaine de Vaucluse.

Fontaine de Vaucluse, site naturel exceptionnel, se trouve au bout d’une petite vallée encaissée qui vient butter sur une formidable falaise abrupte de 250 à 300 mètres de haut, sculptée par l’érosion. Cette vallée fermée, Vallis clausa, a donné son nom au département de Vaucluse. C’est à cet endroit que, au pied d’un figuier dont les racines noyées lors de fortes eaux se découvrent en hiver, surgissent les eaux limpides de la source (ou l’exurgence) de la Sorgue.

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« Parti pour faire danser les filles de l'Isle sur la Sorgue, le vieux ménétrier Basile s'endormit à l'ombre un chaud jour, sur le chemin de Vaucluse. Apparut une nymphe qui, belle comme l'onde claire, prit la main du dormeur et le conduisit au bord de la vasque où s'épanouit la Sorgue. Devant eux, l'eau s'entrouvrit et les laissa descendre entre deux murailles de liquide cristal au fond du gouffre. Après une longue course souterraine, la nymphe, au milieu d'une souriante prairie semée de fleurs surnaturelles, arrêta le ménétrier devant 7 gros diamants. Soulevant l'un d'eux, elle fît jaillir un puissant jet d'eau. Voilà, dit elle, le secret de la source dont je suis gardienne. Pour la gonfler je retire les diamants, au septième, l'eau atteint " le figuier qui ne boit qu'une fois l'an" et elle disparut en réveillant Basile ». Il s’agit peut-être d’une légende. Pourtant, le figuier existe bien…

Avec un débit annuel de 630 à 700 millions de mètres cubes, cette source est la première de France, et la cinquième au niveau mondial. Elle constitue le seul point de sortie d’un immense réseau collecteur souterrain de 1 200 km2 qui couvre le mont Ventoux, les monts de Vaucluse, le plateau d'Albion et la montagne de Lure. La profondeur aujourd’hui connue du siphon de sortie (explorée par un engin téléguidé) est de 308 mètres (dont 223 sous le niveau de la mer) et l’on sait que le point le plus bas de ce gigantesque réservoir, estimé à 150 000 millions de tonnes d’eau, se situe à la cote moins 610 mètres (aven de Saint-Christol). Mais ce réseau est loin d’avoir été totalement exploré et demeure partiellement une énigme notamment en ce qui concerne ses étonnantes variations de débit. Le taux moyen en carbonate de calcium de l’eau étant de 200 mg/l, la source évacue chaque année environ 50 000 m2 de calcaire, ce qui permet de penser que, dans 3,5 millions d’années les monts de Vaucluse, le plateau d’Albion et la montagne de Lure se seront volatilisés ! Le débit moyen sur un an est de 20 m3 par seconde, mais les extrêmes peuvent aller de 6 m3 à 90/100 et même 170 m3. Dans ce cas, les eaux jaillissent de manière spectaculaire au grand étonnement des visiteurs.

Des traces semblent indiquer une occupation de ce site par l’homme dès le néolithique et la présence des Romains est attestée par les vestiges d’un canal. Pline l’ancien fait état de cette résurgence dans ses écrits et des fouilles récentes ont permis de découvrir des pièces anciennes du premier siècle avant JC jusqu’au Vème (pièces exposées au musée Pétrarque près de la source).
Au 6ème siècle, la légende veut qu’un ermite, dénommé Véran se soit attaqué à une créature monstrueuse appelée Coulobre et qu’il soit, de ce fait, devenu évêque de Cavaillon, avant d’être sanctifié.

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« La Coulobre, salamandre géante (une couleuvre ?), vivait sous un rocher dans la Sorgue et ne trouvait pas de mari. Le seul qui voulut bien d'elle était un dragon hideux, qui l'abandonna peu de temps après leurs noces. La Coulobre allait être mère, elle cachait sa honte au fond d'une vallée. Un soir, un ermite, du nom de Véran, passa par là. Il portait la bonne parole dans les villes et villages. Il redonnait espoir aux pauvres gens qui contèrent l'histoire de cet animal, devenu légendaire. Le Saint décida d'affronter le monstre. Il guetta longtemps près du gouffre et vit sortir des eaux un serpent géant à la tête immonde, au corps visqueux couvert d'écailles phosphorescentes et muni d'ailes de chauve-souris. Au moment où l'animal se jeta sur Véran, il fît le signe de croix. Aussitôt, une blessure apparut sur le côté de l'animal qui poussa un gémissement terrible, avant de s'enfuir. La Coulobre vola longtemps, avant de pouvoir se poser. A bout de force et de douleur, elle heurta un mont rocheux, puis elle s'effrondra. On la crut morte. Plus tard, naquit en ce lieu un hameau portant le nom du Saint. Mais la Coulobre n’était pas morte. Elle logeait sous un rocher, au fond de la Sorgue. Et ne sortait que pour jeter son dévolu sur de jeunes gens qui lui plaisaient et qui pourraient faire de bons maris. Mais personne ne voulait d'une créature aussi laide. Des siècles plus tard, un jeune Italien acheta une maison sur une rive de la Sorgue. Un jour, il aperçut la plus belle femme qu'il eût jamais rencontrée. Elle était blonde comme les blés et son visage plus doux que la brise de l'été. Elle se nommait Laure et était mariée au Seigneur Hugues de Sade. Le jeune étranger en tomba amoureux et lui écrivit des poèmes. Cependant, la Coulobre nourrissait en secret l'espoir de l'emmener vivre avec elle et ses enfants. La Coulobre était à la surface de l'eau et contemplait amoureusement sa maison. Elle vit entrer chez son bien-aimé, une femme merveilleuse. Folle de rage et de douleur, elle bondit à la surface de l'eau, au moment où le poète allait poser un baiser sur sa main. Laure poussa un cri et s'évanouit. Le jeune Italien transperça l'animal avec son épée. Le cadavre de la Coulobre vogua au gré des flots où il fut englouti à jamais. Devenu célèbre par ses écrits, le poète Italien repartit en Italie. Il apprit que Laure était morte le jour de ses 40 ans emportée par une épidémie de peste. Il revint dans sa maison de la rive sur la Sorgue qui conservait le souvenir de Laure. Il y vécut 16 années. Il rôdait parfois aux abords où avait disparu la Coulobre. Il ne voyait que surgir des petites salamandres, tachetées d'or, dont on disait dans la région qu'elles étaient les enfants du monstre et qu'elles n'avaient jamais grandi, faute de parents à aimer ».

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Ce qui nous amène à François Pétrarque : À partir de 1339, Pétrarque fit des séjours réguliers à Vaucluse (ce n’est que en 1946 que la commune prit le nom de Fontaine de Vaucluse). L’éternel amoureux de Laure de Noves venait régulièrement écouter « la voix enrouée des eaux » : « La très illustre source de la Sorgue, fameuse par elle-même depuis longtemps, est devenue plus célèbre encore par mon long séjour et par mes chants. » Un petit musée, qui se situe sur l’emplacement supposé de sa maison -ou du moins de celui de son jardin- lui est aujourd’hui consacré. Le poète quitta Vaucluse en mars 1353. Le jour de Noël de cette même année, une bande de pillards entra dans le village et sa maison fut brûlée. A la suite de cette attaque, la Vallée Close, considérée comme un lieu sauvage, tomba dans l’oubli. En 1783, Gabriel-Honoré de Mirabeau provoqua Louis-François de Galliffet en duel à Vaucluse. Mirabeau, pressé d’en découdre, arriva trois jours avant et pour patienter, alla visiter la source. Il décrit ainsi la fontaine : « Cet abîme sans fond, recouvert de voûtes concentriques, élevées par la main majestueuse de la nature, ce portail colossal, forment un des plus nobles spectacles que les pays des montagnes n’aient jamais offert… On y sent tout ce qu’on voit plutôt qu’on ne l’observe. » Le duel n’eut pas lieu, mais l’écrit resta…et la consécration vint de la visite, en 1802, de François-René de Chateaubriand qui popularisa le site dans ses Mémoires d'outre-tombe.

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