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Chateauneuf du pape (42 KM)

Le trajet pour rejoindre Châteauneuf-du-Pape depuis l’Esclériade est un enchantement pour les amateurs de vins et de vieilles pierres…Séguret (plus beau village de France) , Sablet, Gigondas, Vacqueyras… Ces noms s’égrènent sur la route qui longe les dentelles de Montmirail comme autant d’appellations contrôlées, de promesses de vins rouges généreux et charpentés, comme autant de paysages où le vert tendre des vignes tranche sur le blanc des ciselures des aiguilles et sur le bleu profond du ciel, comme autant de rues étroites et pittoresques, de fontaines à mascarons, de petits lavoirs, de calades et de vielles pierres érodées par le vent et le temps qui passe.

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Après Courthézon sur la D 950 un pont enjambe l’autoroute A7 et vous voilà sur le terroir de Châteauneuf-du-Pape. Les choses sérieuses commencent d’entrée puisqu’immédiatement à votre droite se trouve le terroir de Beaucastel, une des plus prestigieuses étiquettes de l’appellation. Hélas, il faut montrer patte blanche pour visiter ce domaine qui porte très haut dans le monde les couleurs de l’art de vivre français. La route serpente au milieu des vignes et de leur lit de gros galets roulés pour arriver à la cité qui domine la plaine du Rhône. Visiter Châteauneuf- du-Pape, c’est sans cesse et toujours revenir à ses crus prestigieux, connus et appréciés du monde entier. Vous pouvez cependant visiter la ville, vous promener dans de petites ruelles étroites, découvrir l’ancien moulin à huile, le four à pain, la fontaine de Souspiron, la chapelle romane Saint Théodorite et atteindre par de larges escaliers de pierre ce qui reste du Château. Celui-ci a été construit de 1316 à 1333 à l’initiative des papes qui avaient choisi ce lieu pour en faire leur résidence d’été et qui y demeurèrent jusqu’à leur retour à Rome. Ce château, incendié lors des guerres de religion, fut gravement endommagé en 1944 par des bombardements de l’aviation américaine. Il n’en reste plus qu'un pan du mur du logis, une haute tour et une salle basse, vestiges dans lesquels se tient le siège de l'Echansonnerie des Papes, confrérie qui porte haut et loin le flambeau de la renommée du Châteauneuf-du-Pape. De ce promontoire une vue à 360° englobe la vallée du Rhône, le Luberon, Avignon -dont on distingue le palais-, le Mont Ventoux et les Alpilles.

Déjà connue par les Gaulois, la culture de la vigne a été développée par les romains avant que les moines défricheurs et surtout les évêques en étendent la culture. En 1157, Geoffroy, évêque d'Avignon, possède un vignoble situé dans son fief de Châteauneuf.

Le premier Pape d'Avignon, Jean XXII, décide de faire de Châteauneuf sa résidence d’été et fait venir des vignerons de Cahors, sa ville natale. Ces vignerons récupèrent à Châteauneuf d’anciennes parcelles laissées par les templiers chassés par Philippe le Bel et mettent en place les bases qui permettront le développement du vignoble et feront sa renommée. Le « vin du pape » deviendra par la suite le Châteauneuf-du-Pape.

Ainsi, le vignoble acquiert une certaine notoriété mais sa renommée est loin d’atteindre celle d’aujourd’hui. Dans son histoire de la provence, Nostradamus évoque l’attaque de Parpaille (1562) contre "Châteauneuf qu'on dit communément de Pape, lieu qui produit des vins excellents dont plusieurs vaisseaux vont à Rome". Mais du XIVème au XVIIIème siècle la renommée du vin de Châteauneuf-de-Gadagne, aujourd’hui simple Côte du Rhône, dépasse largement celle de Châteauneuf-du-Pape.

Après un déclin au XVIIème siècle provoqué par les guerres, les épidémies, le gel et autres maladies endémiques, le vignoble se développe considérablement vers la fin du XVIIIème siècle pour produire environ 10 000 hectolitres dont la qualité ne cesse de progresser, ce qui lui permet d’être servi à la cour de Louis XVI. En 1793, les vignerons obtiennent de vendre leur production un tiers de plus que le prix maximum départemental "car le vin de Châteauneuf est reconnu d'une qualité supérieure dans toutes les saisons". A cette époque, Châteauneuf compte quatre négociants et de nombreux acheteurs viennent d'Avignon, d'Orange, de Carpentras, et même de Lyon. Les tonneaux sont expédiés dans la France entière, du port de Roquemaure et parfois du port des Armeniers. D'autres encore partent en voiture par la route.

Dans les années 1850, les vins de Châteauneuf-du-Pape sont célébrés par Frédéric Mistral qui les apprécie chez Anselme Mathieu, co-fondateur du Félibrige, né à Châteauneuf. Celui-ci a l'idée géniale de vendre pour la première fois le vin en bouteilles revêtues d'une belle étiquette qui porte en titre "Vin di Félibre" suivi de cinq vers dont "lou vin de castou noù douno la voio, emai l'amour, emai la joio" (le vin de Châteauneuf donne le chant et l'amour et la joie). Mistral en régale ses confrères Lamartine, Alexandre Dumas, Alphonse Daudet et bien d'autres personnages célèbres qui vont devenir les meilleurs ambassadeurs de "ce vin royal, impérial, pontifical".

On ne connaît pas les cépages qui composaient le vignoble de Châteauneuf avant le XVIIIème siècle. Une chose est certaine, depuis des siècles, le vignoble a toujours été composé de cépages variés. Lors de la crise du phylloxéra en 1866, on ne recense pas moins de treize cépages différents. Par un étrange hasard, ce sont également 13 cépages qui aujourd’hui se retrouvent dans l’appellation.

En 1893, à la suite du phylloxera qui a dévasté le vignoble, le propriétaire du Château la Nerthe, fait replanter et greffer les premiers des treize cépages qui constituent l’appellation d’aujourd’hui : grenache, mourvèdre, counoise, vaccarèse, cinsault, syrah. C’est également à son initiative que le nom de la commune change, Châteauneuf-Calcernier devenant Châteauneuf-du-Pape.

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En 1894, les vignerons de Châteauneuf créent, le premier "Syndicat viticole" qui garantit la qualité des vins vendus sous son estampille. En 1911, le conseil municipal instaure une commission de 34 viticulteurs pour procéder à la classification des vins dits de Châteauneuf et pour sauvegarder l'authenticité de leur cru. En 1923, le Syndicat des propriétaires viticulteurs de Châteauneuf-du-Pape est créé en vue d'obtenir la reconnaissance de l'appellation d'origine Châteauneuf-du-Pape, sur les bases de la loi de 1919. Juriste et vigneron, le Baron Le Roy de Boiseaumarié, propriétaire du Château Fortia, est sollicité par ses pairs pour cette entreprise : "Je veux bien, mais à une condition, c'est que vous-même donniez l'exemple de l'honnêteté et de la discipline ".

Après plusieurs années de bataille, l’action du Syndicat et de son célèbre président aboutira, en 1933, à fixer les règles de l'Appellation Châteauneuf-du-Pape. Malgré quelques légères modifications en 1936 et en 1966, ces règles, qui ont d'ailleurs largement inspiré les auteurs du statut général des appellations d'origine contrôlée sont toujours en vigueur aujourd'hui.

En 1937 le Syndicat des Propriétaires Viticulteurs lance la bouteille armoriée qui atteste que son contenu répond aux normes de production de l'A.O.C. et que ses utilisateurs ont la qualité de vignerons récoltants. L'écusson apposé sur les bouteilles représente une tiare papale stylisée placée au-dessus des clés de St Pierre et entourée de l'inscription "Châteauneuf-du-Pape contrôlé" en lettres gothiques. Connue et reconnue dans le monde entier, modèle indémodable d'harmonie et d'équilibre, la bouteille armoriée est un symbole fort de qualité et de réussite et un vecteur majeur de cohésion et de fierté pour les vignerons de l’appellation.

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L'aire d'appellation de Châteauneuf-du-Pape s’étend sur 3200 hectares essentiellement situés sur une colline calcaire (dans le nom d’origine de la commune, Calcernier signifiait chaux tamisée). Les mers intérieures des ères secondaires et tertiaires ont déposé des couches successives de sédiments qui composent aujourd'hui le sous-sol de la « Crau », plaine qui entoure la colline et s’étend jusqu’aux bords du Rhône. Cette diversité de sols fait qu’il n’y a pas d’unité géologique. En revanche lors des glaciations quaternaires, les eaux du Rhône ont charrié les fameux cailloux roulés depuis les Alpes jusqu'aux endroits les plus élevés de la colline conférant cette spécificité « caillouteuse » à l’ensemble du terroir. La chaleur emmagasinée de jour par cette masse de « caïau frejaü », qui peut atteindre jusqu'à 15 mètres d’épaissuer dans la Crau, est restituée la nuit par un effet de four ce qui est une caractéristique essentielle du terroir de Châteauneuf du Pape. Terroir qui bénéficie d’un climat méditerranéen -avec de fortes pluies de printemps et d’automne- d’un ensoleillement exceptionnel -1000 heures d'insolation moyenne en été, 7 heures par jour à 25°C et plus- ainsi que de l’action du mistral qui purifie et éloigne les parasites.

L’appellation détermine la conduite et la taille de la vigne (principalement en gobelet avec taille courte à deux yeux), limite le rendement à 35 hectolitres par hectare, impose la cueillette manuelle et le tri sélectif de la vendange. Mais la caractéristique fondamentale de l’appellation, ce qui contribue à sa spécificité, est le « poly-encépagement » qui autorise 13 cépages, libre à chaque vigneron d’en faire l’assemblage qui lui convient et de les vinifier ensemble ou séparément : Le grenache, cépage majoritaire de l'appellation, façonne l'esprit du vin. La Syrah, le mourvèdre et le Cinsault contribuent à lui donner une couleur soutenue et une palette aromatique plus riche. La Clairette, le Grenache blanc, la Roussane, le Bourboulenc et le Picpoul sont destinés au vin blanc (3% de la production de Châteauneuf). Les Picardan, Vaccarèse et Terret noir, Muscardin et Cournoise sont employés de manière plus anecdotique.

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Voilà, vous savez tout ou presque sur ce produit d’exception qu’est le vin de Châteauneuf-du-Pape. Il vous reste le plus difficile : Découvrir, goûter (avec modération, et donc savoir recracher, ô sacrilège…), acheter et déguster entre amis, en accompagnement d’un civet de sanglier. C’est une affaire de goût, de passion, de temps, de patience, d’expérience et…d’argent. Reconnaissables entre tous, ayant un style inimitable, les vins de Châteauneuf-du-Pape ne déçoivent jamais, mais tous sont spécifiques et tous sont différents. La multiplicité des cépages et les assemblages qu'ils permettent, les caractéristiques de leur sol -sont-ils de la Crau, de la colline ou un mélange des deux-, les durées de cuvaison et de vieillissement, les savoir-faire ancestraux et les techniques de vinification qui évoluent sans cesse aboutissent à des résultats bien différents. Il y a les « vins robustes », qui ont du corps et un pourcentage alcoolique parfaitement équilibré par des tanins puissants. Difficiles à boire jeunes, ces vins s'affinent en vieillissant et certaines de ces bouteilles peuvent traverser les âges. Ils sont parfaitement illustrés par la production du « Vieux Télégraphe », de « Font de Michelle » ou du « Château la Nerthe ». Les « vins classiques » se caractérisent par une présence importante de tanins obtenue par une cuvaison longue. Ces vins ont du corps et de la générosité, ce qui ne les empêche pas d'avoir de la grâce qui va s'affirmer lors de leur vieillissement. Ils se nomment « Château Rayas », « Domaines Mousset », « Domaine de Beaucastel », et « Domaine de Beaurenard ». Les propriétaires de « Château de la Gardine », « Clos de l'Oratoire des Papes », « Domaine de Nalys », « Château Maucoil » et « Cellier des Princes » ont opté pour des « vins élégants » avec un pourcentage alcoolique plus modéré et des tanins très arrondis, pour fournir un vin coulant et désaltérant pouvant être bu dans sa jeunesse tout en ayant la possibilité de vieillir.

Vous l’aurez compris, il existe autant de Châteauneuf-du-Pape qu’il existe de vignerons qui travaillent sa terre, soit plus de 300 sur une superficie 40 fois plus petite que le Bordelais, sur des surfaces qui vont de quelques hectares à plus de cent, pour une gamme de prix qui va de 15 euros la bouteille à 250 et au-delà !

A l’occasion de votre périple vous pouvez vous arrêter dans les caveaux (en oubliant pas qu'il faut toujours consommer avec modération) qui offrent de multiples occasions de dégustation. Vous pouvez également être attiré par les façades et la splendeur des plus majestueux domaines : Beaucastel, La Nerthe, Montredon -dont on atteint l’écrin après une traversée du plateau qui offre une vue époustouflante sur le Ventoux- ou les Fines Roches -dont les tours crénelées, répliques authentiques d’un château écossais, dominent la plaine et sont visibles des lieux à la ronde- produisent des vins dont la réputation n’est plus à faire. Mais si la curiosité vous pousse à trouver où il se terre, Paul Féraud -peut-être l’un des derniers gardiens des savoir faire ancestraux- vous fera goûter, derrière la porte en ferraille du Domaine Pégaud, l’exceptionnelle cuvée Laurence, peut-être le plus élégant et le meilleur rapport qualité/prix de l’appellation (nous sommes ici dans le haut de gamme…). Il ne vous fera pas goûter l’encore plus exceptionnelle cuvée Da Capo que Robert Parker a noté 100+ à deux reprises. Elle est si rare que seuls quelques privilégiés peuvent en parler. De même, si vous trouvez l’antre de Patrice Magni sur la route de Bédarrides, pourrez-vous acheter sa « Roussane », sans doute le plus équilibré des blancs de Chateauneuf, vendu à un prix attractif. De même enfin si, après de multiples détours sur un petit chemin de terre, vous atteignez le Domaine de Bois Lauzon, rencontrerez-vous en Daniel Chaussy un vigneron passionné, converti à la culture biologique, qui saura vous faire partager son amour de la qualité et du travail bien fait.

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