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Les carrières d'ocre (64 KM)

Decouvrir Les carrières d'ocre

A l’est du département de Vaucluse, à une heure de route de l’Esclériade, se trouve le premier gisement d’ocre au monde, particulièrement remarquable par son étendue et la diversité de ses couleurs. L’ocre est un colorant naturel extrait d’une roche composée d'argile pure colorée par un pigment d'origine minérale et amalgamée par des grains de sable. L’ocre est généralement d’une teinte rouge/brun, mais, selon les oxydes et les réactions chimiques, il peut, comme à Roussillon, balayer un large spectre allant du violet sombre au jaune presque vert.

Comme toute merveille de la nature, ce gisement d'ocre a sa légende médiévale, légende qui s’appuie sur une anecdote historique : Dame Sermonde était l'épouse de Raymond d'Avignon coseigneur de Roussillon à la fin du XIIe siècle. Guillaume de Cabestan était à la fois page et troubadour. Lorsque le seigneur était à la chasse, Guillaume et Dame Sermonde restaient souvent seuls... si bien que l'amour vint à les réunir. Le mari, connaissant son infortune, amena un jour le jeune troubadour à une partie de chasse, le poignarda, lui trancha la tête et lui arracha le cœur. Il revint au château et donna ordre à son cuisinier de préparer le cœur en ragoût pour le repas de midi. Dame Sermonde s'en étant régalée, Raymond lui présenta la tête coupée et lui dit qu'elle venait de manger le cœur de son amant. Sans hésiter, Sermonde courut à l'extrémité de la falaise de Roussillon et s'élança dans le vide pour s'écraser soixante mètres plus bas. La légende veut que les deux amants aient été inhumés ensemble et que leur sang mêlé colore depuis tout le paysage.

L’utilisation de l’ocre en tant que pigment est connue de tous temps. On en trouve trace dans de nombreux sites préhistoriques, dont la grotte de Lascaux. Il a servi à colorer les premières poteries, à l’occasion de rites religieux et les romains en ont fait une utilisation industrielle. Etrangement, l’usage de l’ocre se perd au moyen âge et il faut attendre la fin du XVIIIème siècle pour que, en 1780, Jean Etienne Astier, citoyen de Roussillon, redécouvre le pouvoir colorant de l’ocre et, surtout, la méthode pour extraire le pigment du sable qui le piège. Il en commence l’exploitation et bientôt, tant les débouchés sont nombreux, on assiste à une véritable ruée vers l’or rouge. En certains endroits, comme à Roussillon, les veines affleurent, ce qui facilite l’extraction. En d’autres, comme à Rustrel ou Gargas, il faut creuser des galeries. Le sous sol devient taupinière et, vers 1900, ce sont plus d’un millier d’ouvriers qui creusent, extraient et tamisent des milliers de tonnes de sable. De 1910 à 1930, la production atteindra 35 000 tonnes par an, exportées dans le monde entier. L’ocre a en effet trouvé de multiples utilisations, notamment parce qu’il est neutre au point de vue alimentaire : Si les joints des bocaux de conserve sont rouges, c’est parce qu’ils étaient colorés à l’ocre. A l’entre deux guerres, l’arrivée des colorants de synthèse sonne le glas de l’exploitation industrielle et, depuis la fin de la deuxième guerre, le marché est devenu anecdotique ; seule une usine reste en activité à Gargas.

L’exploitation de l’ocre a cessé, mais restent des paysages étonnants, nés de l’érosion naturelle, de la pluie et du vent, mais aussi du travail de l’homme et de l’empreinte de l’histoire. En premier lieu Roussillon (plus beau village de France), dont le nom provient du latin « roussoulus » qui signifie « sillon roux.

Decouvrir Rousillon

Décrire Roussillon et traduire par des mots la singularité de cet endroit fascinant est chose ardue. Il faut arriver de l’Est par un petit matin ensoleillé et voir le village surgir sur une colline abrupte au dessus du vert profond de ses pinèdes et éclabousser le ciel bleu foncé de ses teintes rouges, jaune d’or, oranges et roses pour comprendre la difficulté de l’exercice et tomber en arrêt devant la magie du lieu. On cède alors au charme et après la visite du labyrinthe multicolore de ses anciennes carrières avec son relief lunaire, on s’engage dans ses rues sinueuses bordées de galeries d’art, de boutiques, de petits restaurants et de jolies maisons aux couleurs bariolées pour atteindre le sommet du village et l’église Saint Michel. Du haut de la falaise qui la jouxte, on profite alors d’un magnifique panorama à 360°

On voudrait pouvoir profiter seul de ce lieu et l’on peut regretter que la foule l’envahisse pour céder à des achats faciles. L’or du tourisme a aujourd’hui remplacé l’or rouge. On ne peut que le constater et privilégier une journée d’un mois d’avril ensoleillé pour profiter de ce lieu unique

La visite de Roussillon peut se terminer par un passage au Conservatoire des Ocres et de la couleur. Cette ancienne usine a été reconvertie et vous propose des visites guidées sur la fabrication de l'ocre, sa géologie, l'ensemble du patrimoine ocrier, ainsi que de nombreux thèmes pratiques sur la couleur. Des stages et ateliers y sont organisés, encadrés par des spécialistes de la peinture, des enduits et du badigeon ou d'autres techniques de l'art ou du décor.

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